On lit que la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 aurait créé un congé de naissance obligatoire de 7 jours. En réalité, ces 7 jours existent depuis 2021. La vraie nouveauté de 2026 est un congé supplémentaire de naissance, facultatif, d’un ou deux mois par parent. Tableau complet des congés, délais, indemnisation et conseils pour les employeurs.
Dans le bâtiment, les entreprises sont souvent petites : l’absence d’un compagnon ou d’un conducteur de travaux se prépare. Or, depuis quelques mois, deux informations se mélangent. Les 7 jours de congé obligatoires ne sont pas nouveaux : ils existent depuis le 1er juillet 2021. La nouveauté de 2026 est le congé supplémentaire de naissance, créé par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Il n’est pas obligatoire, mais il peut durer jusqu’à deux mois par parent. Voici le point complet.
Tous les congés liés à une naissance
| Congé | Pour qui ? | Durée | Obligatoire ? | Qui paie ? |
|---|---|---|---|---|
| Congé de maternité | la mère | 16 semaines pour un 1er ou 2e enfant (6 avant, 10 après la naissance), davantage à partir du 3e enfant ou pour des naissances multiples | 8 semaines au minimum, dont 6 après la naissance | Assurance maladie (indemnités journalières) |
| Congé de naissance | le second parent | 3 jours ouvrables | oui | l’employeur (salaire maintenu) |
| Congé de paternité et d’accueil de l’enfant | le second parent | 25 jours calendaires (32 pour des naissances multiples) | les 4 premiers jours | Assurance maladie (indemnités journalières) |
| Congé supplémentaire de naissance (nouveau) | chaque parent | 1 ou 2 mois | non | Assurance maladie : 70 % du salaire net le 1er mois, 60 % le 2e |
| Congé parental d’éducation | chaque parent | jusqu’aux 3 ans de l’enfant, selon conditions | non | non rémunéré par l’employeur ; une prestation peut être versée par la caisse d’allocations familiales |
Les 7 jours obligatoires, depuis 2021
Depuis le 1er juillet 2021, le second parent salarié (le père, ou le conjoint, concubin ou partenaire de PACS de la mère) bénéficie de :
- 3 jours de congé de naissance, payés par l’employeur, à partir du jour de la naissance ou du premier jour ouvrable qui suit ;
- puis 25 jours de congé de paternité et d’accueil de l’enfant, dont les 4 premiers sont pris immédiatement après le congé de naissance.
Ces 3 + 4 = 7 jours sont obligatoires : l’employeur a l’interdiction de faire travailler le salarié pendant cette période (code du travail, article L. 1225-35-1). Les 21 jours restants sont pris au choix du salarié, dans les 6 mois qui suivent la naissance, en une fois ou en deux périodes d’au moins 5 jours. Le salarié prévient son employeur de la date prévue de l’accouchement au moins un mois avant, puis de chaque période de congé au moins un mois avant son début.
Le salarié est aussi protégé : pendant les 10 semaines qui suivent la naissance, l’employeur ne peut pas le licencier, sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour une raison étrangère à la naissance (article L. 1225-4-1).
La nouveauté 2026 : le congé supplémentaire de naissance
- Pour qui ? Chaque parent, pour un enfant né ou adopté depuis le 1er janvier 2026, sans condition d’ancienneté.
- Depuis quand ? Il peut être pris depuis le 1er juillet 2026, après un délai de mise en place.
- Combien de temps ? Un ou deux mois par parent, en une fois ou en deux périodes d’un mois. Un couple peut donc cumuler jusqu’à quatre mois, pris en même temps ou l’un après l’autre.
- Quelle indemnisation ? 70 % du salaire net le premier mois, 60 % le second, dans la limite du plafond de la sécurité sociale.
- Quand ? Après les congés de maternité ou de paternité, dans les 9 mois qui suivent la naissance ou l’arrivée de l’enfant. Des délais particuliers sont prévus pour les enfants nés au premier semestre 2026 : la caisse d’assurance maladie les précise.
- Quel préavis ? En principe un mois avant le départ, réduit à 15 jours s’il suit directement le congé de paternité. Le salarié précise s’il prend ses deux mois d’affilée ou en deux fois.
Un exemple concret
Karim est chef d’équipe dans une entreprise de maçonnerie. Son enfant naît un lundi :
- du lundi au mercredi : 3 jours de congé de naissance, payés par l’employeur ;
- du jeudi au dimanche : les 4 jours obligatoires du congé de paternité ;
- il garde 21 jours de congé de paternité, qu’il prend deux mois plus tard en une seule fois, après avoir prévenu son employeur un mois avant ;
- il demande ensuite un mois de congé supplémentaire de naissance, en respectant le préavis.
Au total, Karim peut être absent près de deux mois. Pour l’entreprise, l’essentiel est de le savoir tôt.
Conseils pour les employeurs du bâtiment
- Anticipez dès l’annonce : la date prévue de l’accouchement doit vous être communiquée au moins un mois avant ; c’est le moment d’organiser le remplacement.
- Vérifiez votre convention collective : elle peut prévoir un maintien de salaire plus favorable que la loi.
- Pensez au planning de chantier : répartition des tâches, appui d’un autre chef d’équipe, recours à l’intérim si besoin.
- Ne demandez jamais de travailler pendant les 7 jours obligatoires, même pour une urgence de chantier.
À retenir
- 7 jours obligatoires (3 jours de naissance + 4 jours de paternité) : la règle date de 2021.
- 21 jours de paternité restants, à prendre dans les 6 mois.
- Nouveau depuis le 1er juillet 2026 : un ou deux mois de congé supplémentaire par parent, facultatif, indemnisé à 70 % puis 60 % du salaire net.
- Employeur : préavis d’un mois en principe ; organisez le remplacement dès l’annonce.